
Micro ou macro ? La question est mal posée. Ce n’est pas un choix entre 2 camps, c’est une question de dosage selon ce qu’on cherche vraiment. Un macro-influenceur donne de la portée. Un micro-influenceur donne de la confiance. La bonne stratégie d’influence ne cherche pas le plus gros compte : elle cherche le bon niveau de proximité pour l’objectif visé.
Ce texte s’appuie sur nos castings plutôt que sur un manuel. Le Lab’influence, notre structure de co-création entre marques et créateurs, a été pensé pour trancher cette question projet par projet, sans suivre la mode de l’année. Une saison, elle dit « micro ». La suivante, « retour aux grands comptes ». Chaque fois, elle répond avant qu’on ait fixé l’objectif.
Micro, macro, nano… quelles différences ?
Un macro-influenceur est un créateur de contenu suivi par plus de 100 000 abonnés sur une plateforme. Il apporte à une marque de la portée. Une seule publication atteint en quelques heures un public étendu et peu segmenté. Un micro-influenceur réunit quelques milliers à quelques dizaines de milliers d’abonnés. Son atout tient à la relation. On le suit pour ses goûts et son expertise, et chaque recommandation engage sa crédibilité.
Nos paliers de travail :
- Nano : moins de 5 000 abonnés. Une audience de proches et de passionnés, qui réagit beaucoup mais sort rarement de sa niche.
- Micro : de 5 000 à 30 000 abonnés. Des créateurs spécialisés (cuisine, running, parentalité, B2B) dont l’avis compte parce qu’il est situé.
- Mid : de 30 000 à 100 000 abonnés. Le palier le plus souvent absent des comparatifs.
- Macro : au-delà de 100 000 abonnés. Des créateurs qui vivent de leur audience, avec une production soignée et un calendrier de partenariats chargé.
- Méga : plusieurs millions d’abonnés. On sort de l’influence pour entrer dans le média, tarifs et délais compris.
Ces seuils n’ont rien d’officiel. L’étude Kolsquare 2025 relayée par le Blog du Modérateur fixe le micro entre 10 000 et 100 000 abonnés, HypeAuditor le situait entre 5 000 et 20 000, et la loi du 9 juin 2023 sur l’influence commerciale ne prévoit aucun palier. Le nombre d’abonnés reste un repère commode. Il n’indique pas ce qu’un créateur est capable de prouver pour vous. de l’impact réel.ns qui peuvent être difficiles à vérifier sans certaines ressources.
Pourquoi miser sur les micro-influenceurs ?
Parce qu’ils jouent la carte que les macros ont perdue : la proximité.
- Authentiques : leur public partage leurs passions. Résultat : leurs recommandations sonnent juste.
- Engagés : plus la communauté est petite, plus elle réagit. Exemple : un compte <10 000 abonnés, c’est en moyenne 4 % d’engagement par post. Un compte millionnaire ? 1 à 2 % seulement.
- Ciblés : chaque micro-influenceur touche une niche claire : mamans, sportifs vegan, geeks, B2B… Parfaits pour parler au bon public, sans gaspiller.
- Abordables : quelques centaines d’euros par publication (300 à 1 500 € dans la cosmétique). Ce qui permet d’activer plusieurs micros au lieu d’un seul macro hors budget.
- Rentables : une campagne micro-influenceurs génère 6,7 fois plus d’efficacité par engagement qu’avec des macros. Et jusqu’à 22 fois plus de conversations hebdomadaires.
Bref : moins de volume, plus d’impact.

Le dosage par objectif : quel casting pour quelle preuve ?
La question utile n’oppose pas micro et macro. Elle porte sur la preuve que la campagne doit apporter, et sur le public à convaincre. Les repères ci-dessous viennent de nos castings, aucune étude ne les fournit. Ils bougent selon le secteur et l’ancienneté de la marque.
| Objectif | Dominante du casting | Rôle du complément | Preuve à suivre |
|---|---|---|---|
| Faire connaître un lancement | 1 à 2 macros ou mids à forte portée | 5 à 10 micros pour donner de l’épaisseur dans les niches concernées | Reach unique, reprises presse, recherches de marque |
| Rassurer avant l’achat | Micros spécialisés, souvent 10 à 30 profils | 1 mid comme signal de crédibilité | Commentaires qualifiés, sauvegardes, questions produit |
| Vendre | Micros et mids avec code ou lien affilié | Un macro seulement si le produit est déjà désiré | CA attribué, panier moyen, usage du code |
| Faire vivre un événement | Mix large : 20 à 30 comptes de tous paliers invités sur place | 1 ou 2 macros pour le jour J, les micros pour la durée | Contenus publiés, portée earned, sentiment |
| Porter un engagement | Micros et créateurs experts du sujet | Un macro seulement s’il défend déjà la cause | Signatures, mentions spontanées, reprises par les médias |
Le programme mené pour Seedlip en offre une lecture concrète. Pour installer en France ce spiritueux sans alcool, porté par la tendance NoLo, le dispositif ne compte aucun macro. Il repose sur 5 profils mid ambassadeurs pendant un an, un lancement immersif pour journalistes et créateurs, et un festival affinitaire. En 12 mois, le programme cumule 343 retombées en presse et en influence, avec 62 publications relayées dès le démarrage. Une nouvelle catégorie a besoin de revenir souvent devant le même public ; un pic d’audience isolé s’oublie vite.
Quand l’objectif est la vente, la mesure existe. Sur les campagnes d’affiliation qu’il a suivies, le Baromètre de l’influence 2025 du CPA et de l’UMICC relève en moyenne 9 € de ventes pour 1 € investi, avec un panier moyen de 58 €. Il ne dit pas quel palier produit ces ventes. Un code ou un lien par créateur permet de le savoir, et c’est la seule façon de vérifier au bilan que votre dosage a vendu.
Comment le Lab’influence arbitre, projet par projet
Le Lab’influence rassemble 20 talents avec lesquels nous co-créons, et une méthode de casting que nous appliquons aussi aux créateurs recrutés hors du Lab. Elle commence avant le moindre compteur d’abonnés, par 3 questions.
| La fiche d’arbitrage du Lab’influence 1. Que doit prouver cette campagne ? Qu’un produit existe, qu’il tient ses promesses, qu’il se vend, ou que la marque est légitime dans un débat. Chaque réponse appelle son palier, parfois plusieurs. 2. Qui faut-il convaincre ? Un public large, une communauté précise, des acheteurs déjà intéressés, des journalistes qui suivent les créateurs. Le macro touche large ; le micro convainc de près. 3. Quel droit à l’erreur ? Un lancement à date fixe supporte mal une publication ratée, et un mid ou un macro bien cadré le sécurise. Une marque qui cherche de la sincérité accepte qu’un micro écrive « pas pour moi » sur l’un de ses produits. Ses éloges sur le reste de la gamme n’en deviennent que plus crédibles. |
Vient ensuite la cartographie, pour savoir qui parle déjà du sujet et devant quel public, réactions réelles à l’appui. Puis la co-création, que les tableaux ne montrent jamais. Nous construisons le contenu avec le créateur, à son échelle. Un macro demande un cadre et souvent une exclusivité ; un micro a besoin du produit et de latitude pour en parler avec ses mots.
2 dispositifs, 2 dosages :
- Trainline Music Fest, l’événement. Le festival itinérant conçu pour Trainline a réuni 4 000 participants et 15 journalistes embarqués. Pendant la journée, 112 contenus Instagram et TikTok publiés par 26 comptes, sans achat d’espace, ont ajouté 316 000 de portée au dispositif presse. Un événement national demandait de la surface et une multitude de récits personnels.
- Val d’Europe, la culture en centre commercial. L’installation « L’art pour tous » a mobilisé une dizaine de créateurs lifestyle et culture, choisis pour parler d’art à un public qui s’en sent éloigné. Bilan : 10 000 visiteurs et 735 000 de reach total.
Le dosage se joue aussi dans le temps
La taille des comptes ne suffit pas à doser une campagne. Reste la durée, et c’est une conviction de l’agence. Un ambassadeur suivi sur plusieurs mois finit par être perçu par sa communauté comme un lien naturel avec la marque. Au fil des publications, ses abonnés cessent d’y voir une énième collaboration sponsorisée. Ils voient quelqu’un qui se sert du produit et qui en reparle.
La mention « collaboration commerciale » figure toujours sur chaque publication, c’est une obligation légale. Ce qui évolue, c’est sa réception par le public. D’où l’architecture que nous proposons pour un dispositif à l’année : un noyau d’ambassadeurs fidèles, qui porte la confiance, et des profils activés campagne par campagne, qui renouvellent la portée.

Puressentiel : 5 campagnes, 4 ambassadrices
Le laboratoire nous confie ses réseaux sociaux depuis 2023 et, comme l’a annoncé TOP/COM en juin 2026, son budget influence, avec 2 objectifs : la pédagogie sur les bons usages des huiles essentielles, et la visibilité des produits. Les profils recherchés viennent de la santé naturelle, du bien-être et de la famille.
Le bilan de l’année :
- 21 influenceurs activés, dont 4 ambassadrices suivies dans la durée.
- 5 campagnes menées sur la période.
- Campagne Anti-Pique : 1,6 M de comptes atteints, 16,97 % de taux d’engagement, un CPM de 0,26 €.
La structure du casting reprend les 2 cercles : 4 ambassadrices qui reviennent d’une campagne à l’autre, 17 profils activés au fil des opérations. Et le résultat d’Anti-Pique montre qu’une même campagne peut cumuler 2 effets qu’on attribue d’ordinaire à des paliers différents. Près de 17 % d’engagement sur 1,6 M de comptes atteints : la portée n’a pas dilué la réaction.
Ce que le bilan révèle d’un dosage raté
Un mauvais dosage se voit rarement dans le taux d’engagement global. Il se lit en comparant ce qui a été mesuré à ce qui était attendu.
- Beaucoup de vues, des recherches de marque qui ne bougent pas. La portée a été achetée sans relais de confiance. Il manquait des profils capables d’expliquer, ou un retargeting sur les audiences exposées.
- Des commentaires chaleureux, des ventes immobiles. La confiance est là, la surface non. Un mid en pivot ou la diffusion payante des meilleurs contenus aurait élargi le cercle.
- Un engagement flatteur sur de petits comptes. 8 % sur un compte de 3 000 abonnés, cela fait 240 réactions. Si ce sont toujours les mêmes proches qui réagissent, le chiffre ne mesure pas la confiance d’un public. Le Lab’influence lit la nature des commentaires avant leur nombre.
- Un bilan identique au précédent. Le mix n’a pas bougé depuis le lancement. Une saison de vente n’appelle pas le même casting qu’une entrée sur le marché, et un dispositif annuel se redose à chaque temps fort, avec les données du précédent.
| Votre prochaine campagne doit-elle d’abord toucher large, convaincre de près, ou les 2 dans un ordre précis ? Nous posons les 3 questions, nous cartographions, puis nous composons le casting adapté à l’objectif avant de co-créer les contenus. |
Qui écrit ces lignes
Marie Antoinette est une agence indépendante de relations publics, influence, social media, événementiel et stratégie de marque, fondée à Paris en 2010 par Céline Angelini, aujourd’hui présidente. L’agence est référencée au Syndicat du Conseil en relations publics et intervient pour des marques comme Kiabi, Célio, Transavia ou Amnesty International France.
Son travail a été distingué à 57 reprises, du TOP/COM au Sabre Award en passant par les Trophées de la com et la Nuit de l’événementiel. Les analyses publiées ici s’appuient sur les campagnes conduites par nos équipes et sur la méthodologie Insight Alibi Actus. Nos cas et nos partis pris sont détaillés chaque mois dans Esprit Libre, la newsletter de l’agence rédigée par Alvina Tissandier, associée et directrice du développement.nsformer vos influenceurs en véritables ambassadeurs de votre marque !
FAQ
Les seuils micro et macro sont-ils les mêmes sur TikTok et sur Instagram ?
Non. Raison de plus pour se méfier du seul nombre d’abonnés. Sur TikTok, l’algorithme pousse les vidéos hors de la communauté, si bien qu’un petit compte peut atteindre plusieurs centaines de milliers de vues sur un contenu qui prend. Sur Instagram, la diffusion reste davantage liée aux abonnés. Le même profil peut donc peser comme un micro sur un réseau et comme un mid sur l’autre. Nous dosons par plateforme, et non par personne.
Une campagne composée uniquement de micro-influenceurs peut-elle porter un lancement national ?
Seule, rarement. Elle installe un produit dans plusieurs communautés à la fois et rassure ceux qui hésitent, mais elle impose mal une nouveauté dont personne n’a entendu parler. Quand le budget exclut tout macro, 2 leviers compensent : un mid en pivot, et la diffusion payante des 3 ou 4 contenus micro qui fonctionnent le mieux, depuis le compte du créateur quand la plateforme le permet. La recommandation garde sa crédibilité et gagne la portée qui lui manquait.
Le certificat de l’influence responsable de l’ARPP doit-il peser dans le casting ?
Oui, au titre de la sécurité plus que de la qualité. Plus de 2 200 créateurs le détiennent. Sur les collaborations commerciales examinées par l’ARPP au premier semestre 2025, 76 % des contenus de créateurs certifiés sont conformes, contre 51 % chez les autres, et le risque de non-conformité est divisé par 3. Pour une marque de santé naturelle ou de compléments alimentaires, secteurs où chaque allégation est encadrée, le certificat sert de premier tri dès la présélection. Il ne dit rien, en revanche, de l’adéquation du créateur avec votre cible.
Un macro et des micros dans la même enveloppe : comment la découper ?
En partant de ce que la campagne doit démontrer, et en gardant une réserve pour amplifier. Sur un lancement, nos dispositifs consacrent souvent la moitié du budget environ à 1 ou 2 comptes à forte portée, un tiers à une dizaine de micros et de mids, et le reste à la diffusion payante des contenus qui performent. Sur un objectif de vente, les proportions s’inversent : l’essentiel va aux profils qui convertissent, chacun avec son code ou son lien, et le macro disparaît souvent du plan. Ces repères s’ajustent à chaque marque.
Macro puis micro, ou les 2 en même temps ?
Tout dépend du rôle de chacun. En séquence, le macro ouvre et les micros prennent le relais dans la foulée. Le public repère le produit, puis trouve des avis de proximité au moment où il se renseigne. C’est le schéma d’un lancement. En simultané, tous publient dans la même fenêtre de 48 heures, ce qui sert un événement ou une opération à date, où l’effet de masse prime. Mélanger les 2 sans l’avoir décidé revient souvent à payer 2 fois la même audience.
Un mid-influenceur, c’est un compromis ou une catégorie à part ?
Une catégorie à part, et le palier qui sert le plus souvent de pivot dans nos castings. À ce niveau, un créateur garde une communauté qui lui répond et dispose déjà d’une portée visible. Son tarif laisse aussi une marge pour amplifier en paid ses meilleurs contenus, ce qu’un budget absorbé par un macro permet rarement.